
DESSALEMENT DE L'EAU DE MER PAR LES ENERGIES RENOUVELABLES
Unité de Technologies et d’Economie des Energies Renouvelables
TEER
La production d’eau
douce est confrontée depuis près de deux décennies à un conflit dont l’enjeu
est considérable pour l’avenir de l’humanité, sinon en totalité, du moins celle
vivant dans les pays arides et semi-arides. Il oppose une demande croissante en
eau à une offre naturelle que les limites et les dégradations des
ressources restreignent.
Etant donné les
caractéristiques climatiques du Maroc, environ 80% de l’eau de pluie se
transforme en vapeur sous l’effet inévitable de l’évapotranspiration, le reste
(pluies utiles) se trouve dans les eaux de surface et les nappes aquifères. Pour
satisfaire nos besoins en eau, à peine 70% de ces eaux sont mobilisables (21
milliards de m3). 67% de ces eaux mobilisables le sont déjà grâce notamment à
la politique clairvoyante de barrages lancée depuis 1967.
L’accroissement de la
population du Maroc d’une part, et le développement urbanistique et industriel
d’autre part, ont posé avec acuité au cours des dernières décennies le problème
de l’adaptation de la mobilisation des ressources en eau aux exigences du développement
économique et social. En effet, l'eau qui peut être mobilisée par habitant dans
les meilleures conditions climatiques a atteint son maximum.
Sans apport de
ressources supplémentaires, l'eau risquera alors de se faire de plus en plus
rare et quels que soient les grands barrages construits, ils ne peuvent suffire
à eux seuls à répondre aux besoins du développement. La bataille menée
parle Maroc dans le domaine de la mobilisation des eaux doit se faire en parallèle
sur un autre front : dessalement de l'eau de mer. Notre pays dispose à cet
effet de plus de 3.000 km de côtes sur ses façades atlantique et
méditerranéenne.

ZEJLI Driss, membre de l'unité TEER lors de son dernier
stage en Allemagne ;le montage d'un distillateur solaire
Le dessalement de l'eau
de mer et celui des eaux saumâtres constitue depuis plusieurs décennies la
solution à la pénurie d'eau dans de nombreuses parties du monde. Cependant, le
coût de dessalement demeure encore trop élevé et ne peut être supporté par les
pays en voie de développement non producteurs de pétrole tels le Maroc dont la
facture pétrolière pose déjà trop lourdement sur son économie.
Par ailleurs,
l'utilisation de ces procédés énergivores est incompatible avec le concept du
développement durable, étant donné que ceux-ci participent activement d'une
part à l'effet de serre par les émissions qu'ils génèrent directement ou
indirectement suite à leur utilisation de combustibles fossiles comme source
d'énergie et d'autre part à l'épuisement des réserves de ces sources d'énergie.
L'immense richesse en
énergies renouvelables de notre pays constitue un atout pour développer les
technologies dessalement utilisant ces formes non polluantes d'énergie tout en
œuvrant pour rendre celles-ci compétitives.